L’Algérie, un pays jeune gouverné par des vieillards, par Bernard Lugan

Bernard Lugan

L’Algérie (46 millions d’habitants en 2022), est un pays jeune qui compte plus de 500.000 naissances par an et dont 54% de la population est âgée de moins de 30 ans. Mais c’est un pays gouverné par des vieillards.

Les trois gérontes qui gèrent le « Système » s’approchent en effet tous les trois du terme de leur « horloge biologique ». Le président Tebboune et le général Chengriha, chef d’état-major vont tous deux avoir 80 ans ; quant à Salah Goujil, le président du Sénat, l’homme qui devrait assumer la période transitoire en cas de disparition du président Tebboune, il est né en 1931.

Ancrant leur « légitimité » sur une histoire fabriquée (voir mon livre Algérie l’Histoire à l’endroit), ces vieillards paraissent ne pas avoir vu que le monde a changé depuis leur jeunesse et les années de lutte pour l’indépendance, il y a trois quarts de siècle de cela. Alors que l’Algérie se débat dans une terrible crise morale, sociale, économique et politique, leur action repose en effet toujours sur des paramètres et des paradigmes datant d’un autre temps. Et sur deux obsessions quasi existentielles, la haine de la France et la jalousie vis-à-vis du Maroc.

La première est régulièrement rappelée à travers des exigences de réparations sonnantes et trébuchantes relayées par les héritiers des « porteurs de valises » et par les stipendiés médiatiques français.

La seconde qui est d’ordre psychanalytique accule les dirigeants algériens à la cécité historique et politique. Les maîtres du « Système » algérien refusent ainsi de reconnaître que la colonisation amputa territorialement le Maroc, Etat millénaire, au profit d’une Algérie directement passée de la colonisation turque à la colonisation française. Jusqu’à son nom lui fut donné par le colonisateur honni. N’est-ce en effet pas le général Schneider, Ministre de la Guerre qui, le 14 octobre 1839 décida que le nom d’Algérie remplacerait désormais officiellement l’appellation « possessions françaises dans le nord de l’Afrique », appellation qui elle-même avait succédé au Gezayir-i Garp de la Porte ottomane ?

Les dirigeants algériens refusent également d’admettre qu’au moment des indépendances, il fut demandé au Maroc d’entériner ces amputations en acceptant le rattachement à l’Algérie de territoires historiquement marocains comme le Touat, la Saoura, le Tidikelt, le Gourara ainsi que la région de Tindouf.

Enfin, pour le « Système » algérien, il est insupportable de devoir constater que leur pays est comme « enfermé » et même « enclavé » dans la Méditerranée. Alors que le Maroc dispose d’une immense façade maritime océanique partant de Tanger au nord jusqu’à la frontière avec la Mauritanie au sud, ouvrant de ce fait le royaume à la fois sur le « grand large » atlantique, sur l’Afrique de l’Ouest, et sur un riche plateau continental.

Voilà pourquoi l’Algérie mène une politique anti-marocaine qui menace la paix régionale tout en bloquant toute vision de développement du « grand Maghreb ». Un combat pourtant perdu avec le délitement du dernier carré résiduel des 24 Etats reconnaissant encore la « RASD » (République arabe saharaouie démocratique)… 24 sur 193 Etats membres de l’ONU, soit 88% ne reconnaissant pas ce fantôme politique totalement porté par l’Algérie au nom d’une idéologie révolutionnaire datant d’avant l’effondrement de l’URSS…

Bernard Lugan

Texte repris du Blog de Bernard Lugan

La France rapatrie 16 mères djihadistes et 35 enfants français détenus dans des camps syriens

Le métavers, phase supérieure de la société capitaliste ?

metavers

Les métavers, ces univers virtuels, seront-ils les gardiens d’une société de plus en plus uniformisée et inégalitaire, s’offrant, à l’instar des drogues imaginées par Aldous Huxley dans « Le meilleur des mondes », comme des outils de contrôle social tout-puissants ? L’homme sous sédatif virtuel en somme !
Une tribune signée Pierre Moriamé.

C’est avec une émotion intense, par laquelle il frôla la crise d’apoplexie, que Jean-Louis, sexagénaire d’ordinaire bougon et dégarni, assista en 2022 à un concert d’ABBA. Émoustillé comme une midinette, il put l’espace d’un instant se remémorer les émois de sa prime jeunesse. Tout y était, des femmes aux robes à paillettes en passant par les chansons rythmées et standardisées en simple english conçues pour s’exporter par-delà la Baltique. Grâce aux nouvelles technologies et aux hologrammes projetés sur la scène, Jean-Louis oublia temporairement qu’il avait lui-même vieilli. Plus rien n’existait, ses rhumatismes, les Suédoises ménopausées devenues repoussantes, la sénescence indésirable ; l’hologramme était tout et tout était dans l’hologramme.

Jean-Louis touchait du bout du doigt le summum du divertissement moderne, l’échappatoire absolue qui lui permettait de faire l’impasse sur tous ses petits tracas et ses misères du quotidien. Il sentit le besoin de communier avec la terre entière, ou plutôt avec ses 17 followers, en publiant une vidéo de lui face à la scène, le tout agrémenté de petits cœurs et d’étoiles animées. Anciennement rond-de-cuir dans une obscure filiale de la SCNF, Jean-Louis, célibataire et sans enfant, était à la retraite depuis dix ans et sautait sur toutes les occasions possibles pour s’amuser et faire comme les jeunes, vivre en somme.

Membre du peuple nouveau, appelé de ses vœux par l’actuel président de la République, Jean-Louis, bien que déjà ancien, aspirait à cocher toutes les cases de la contemporanéité et à faire table rase d’un passé ennuyeux et pas fun. Ravi par les trois commentaires laudateurs qu’avait suscités sa vidéo, c’est fier de lui, droit et digne, qu’il rentra dans son studio crasseux de Pantin, dans la « Californie française », chevauchant sa trottinette électrique chinoise. Il était en phase avec son époque, il le savait et il aimait ça.

Naissance et déclin de la graphosphère

Le monde de Jean-Louis, cet Occident en voie de décomposition qui pose pour l’avenir de nombreuses questions, n’est pas apparu comme par enchantement. Il est le fruit d’un long processus historique qu’il convient de rappeler brièvement.

L’homme a connu plusieurs formes de sociétés, liées à un médium qui a évolué au fil des âges. Classiquement, on évoque dans un premier temps les sociétés de tradition orale où, par la voix, on transmettait des savoirs, des récits mythologiques ou encore des techniques comme la maîtrise du feu… Ces groupements humains, aujourd’hui disparus, étaient formés de tribus ou clans avec une organisation politique assez limitée.

Ils ont progressivement laissé la place, avec l’invention de l’écriture, à des sociétés de tradition écrite. Le livre a été le support d’une diffusion et d’une transmission culturelle inédite. L’écrit a permis le développement de structures politiques, économiques et sociales élaborées : cité-État, empire, nations, religions constituées, dogmes, monnaies… Aussi, le livre a été le premier vecteur d’une relative uniformisation du monde et de la pensée, particulièrement en Occident.

Aujourd’hui, cette société de l’écrit, qui nous a pourtant tant apporté et a présidé à la naissance et à l’émergence de brillantes civilisations, semble désuète et en voie de marginalisation voire de disparition.

L’uniformisation technologique

Les hommes du XXe et le XXIe siècle, avec l’essor des technologies modernes, ont mis en œuvre avec une vitesse sans précédent, une nouvelle société qu’on pourrait qualifier de l’image animée. Celle-ci a eu un premier médium révolutionnaire avec la télévision, nouvel âtre des foyers, concurrent puis souvent triomphateur des anciennes sociabilités et coutumes liées au livre, comme la pratique religieuse ou tout bonnement la lecture. Cette société de l’image animée possède désormais une emprise certaine sur les hommes. Tout passe par ses médiums, du simple contact humain aux loisirs. Les nouveaux outils technologiques qui ont remplacé la télévision, au premier rang desquels, le smartphone, ont consacré cette dépendance.

Cette société de l’image animée présente toutefois une singularité qui fait sa différence avec les formes anciennes : elle est animée uniquement par la simple et seule logique marchande. Contrôlée par quelques grandes entreprises, elle est le support et le vecteur d’une vertigineuse standardisation du monde à des fins commerciales. L’imaginaire qu’elle produit, pauvre, est uniforme et fait peu de place pour ce qui ne va pas dans le sens d’une vulgate pensée outre-Atlantique.

Aussi, on peut légitimement s’interroger sur la possibilité de transmettre des savoirs et des traditions à l’heure de l’instantanéité, des images surabondantes et du scrolling permanent des jeunes et des moins jeunes. Le zapping permet au consommateur de se vider la tête et de dépenser, mais que peut-il engendrer de plus ? Quelle société peut bien produire un peuple ou plutôt des individus, qui pour la plupart ne lisent plus, ne se parlent parfois plus et sont rivés sur leur smartphone ? Instagram, TikTok et cie peuvent-ils constituer le support d’une civilisation nouvelle ?

Paul Valéry au sortir de la Première Guerre mondiale disait qu’on savait dorénavant que les civilisations étaient mortelles. Il y a des morts plus belles que d’autres, certaines plus discrètes, moins sanglantes et qui s’opèrent à bas bruit, dans l’indifférence générale…

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Violences sexuelles : Taha Bouhafs met en cause Clémentine Autain qui lui aurait proposé de « maquiller » son retrait par des motivations racistes

La dénonciation, un sport national ? Un livre de Benoît Duteurtre

Dénoncez-vous

Notre société, obsédée par la race ou le genre, constitue une belle toile de fond pour un romancier qui sait la regarder avec un œil malicieux. C’est le cas de Benoît Duteurtre qui a publié, en février, son dernier roman intitulé Dénoncez-vous les uns les autres (Fayard). Avec cet ouvrage, Duteurtre s’essaie à un hybride entre le roman d’anticipation et le vaudeville.

L’enfer est pavé de bonnes intentions

La quatrième de couverture prévient « Cette fantaisie se déroule dans un monde proche du nôtre où les meilleures causes inspirent parfois des lois tyranniques. ». C’est donc sans surprise que les thématiques du livre ont un retentissement dans l’actualité récente.

Dans une société pas si éloignée de la nôtre, l’écologie, l’antiracisme, l’antisexisme, en deux mots, la « tolérance et le progrès », sont devenus la nouvelle devise nationale, laissant place à toutes les dérives possibles. Toujours au nom du bien.

Viandards et rééducation

Les antispécistes ont obtenu que les « viandards » (mot désignant les gueux osant se mettre un peu de viande sous la dent) aient à tuer eux-mêmes l’animal qui leur servira de repas, l’espace public et les programmes scolaires sont purgés de toute personnalité jugée en désaccord avec la doxa, les rapports hommes-femmes sont régis selon de nouvelles normes… Ces exemples nous rappellent l’affaire de la statue de Napoléon à Rouen, celle de Saint-Michel en Vendée[1] ou, encore le roman Dix Petits Nègres d’Agatha Christie, renommé Ils étaient dix.

Barack et la jeune fille Robert

Le roman montre ainsi quelques saynètes de cet Eldorado de tolérance où Barack, un jeune homme de dix-huit ans, refuse tout rapport sexuel avec sa bien-aimée Robert, une jeune fille dont les parents ne voulaient pas obéir aux stéréotypes de genres ; mais aussi où, Mao, le père de Barack, nargue des antispécistes avec un poulet fraîchement tué.

Duteurtre met en valeur les conflits de générations entre le père, bon vivant, amateur de bonne chère et qui n’hésite pas à laisser la gestion du foyer à sa femme Anabelle, et Barack, jeune gandin pétri de bien-pensance, militant zélé de ce nouvel ordre moral, participant à un programme de réintégration de gens ayant contrevenu à l’ordre établi.

Présomption de culpabilité

Ce petit monde se trouve perturbé lorsque Mao s’empêtre dans une pseudo affaire de harcèlement sexuel. Dans la législation de ce monde alternatif, la victime est sacralisée et la présomption d’innocence fait place à une présomption de culpabilité. Une réplique illustre ce nouveau paradigme :

« — En somme, la supposée victime a toujours raison, même si elle n’existe pas !
C’est un peu cela.»

Dans cette histoire, la victime ne porte pas plainte et ne prend même pas la peine de se manifester. Son simple témoignage vaut parole d’Évangile. Pensons au récent procès Heard-Depp, où Johnny Depp, accusé à tort par son ex-compagne Amber Heard de violences conjugales, a été banni d’Hollywood et a perdu les plus grands rôles de sa carrière, sur les bases de ce que la justice a aujourd’hui reconnu comme un mensonge[2].

Avec ce roman, Benoît Duteutre cible joliment certains maux de notre époque en imaginant les dérives sur lesquelles ils peuvent aboutir. Si le roman se teinte souvent d’une forme d’humour, l’envie de rire peut passer lorsqu’on aperçoit certains campus américains, tel que celui d’Evergreen aux États-Unis, où la fiction est déjà largement dépassée par la réalité[3].

Benoît Duteurtre, Dénoncez-vous les uns les autres, Fayard, 2022, 198 pages, 18 €.

[1]Les Échos, 7 mars 2022
[2]Radio-Canada, 1er juin 2022
[3]Contrepoints, 29 décembre 2018

Texte repris du site Ojim

Olivier Véran : la nouvelle ancienne voix du gouvernement !

Olivier Véran

Le gouvernement a donc opéré un remaniement. Ou plutôt quelques ajustements. Outre quelques informations comme l’éjection de Damien Abad et le grand retour de Marlène Schiappa, il faut noter la nomination d’Olivier Véran au poste de ministre délégué chargé du Renouveau démocratique et porte-parole du gouvernement. Un changement notable pour l’ancien ministre de la Santé devenu, entre mai et juillet 2022, ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement au sein du gouvernement d’Élisabeth Borne.

L’ancien ministre de la Santé, figure liée par l’opinion à la gestion politique du Covid-19, sera donc la voix et le visage du gouvernement Borne jusqu’au prochain remaniement. Au vu de la communication hasardeuse, pour ne pas dire contre-productive, du gouvernement lors des différents épisode épidémiques, on pourrait penser que ce choix n’est pas judicieux. Pour trouver un début d’explication, il faut sans doute revenir aux débuts d’Olivier Véran à la Santé. Avec l’imbroglio et le scandale autour du départ d’Agnès Buzyn, la figure d’Olivier Véran est apparue comme apaisante. Faisant la tournée des plateaux, le ministre médecin avait fait usage de pédagogie et de clarté et avait contribué, au début, à rassurer l’opinion par ses conférences de presse quotidiennes sur l’avancée de l’épidémie. Mais le médecin laissa vite la place au politique au même rythme qui voyait la politique sanitaire devenir une politique électorale.

S’il n’a pas été seul aux commandes, Olivier Véran incarne la faillite de la crise du Covid, la suspension des soignants non vaccinés et la mise en place d’une politique des plus répressives avec le vote du passe sanitaire et du passe vaccinal. Si le porte-parole du gouvernement est surtout en lien avec les journalistes davantage qu’avec le grand public, c’est un signe de continuité que marque Emmanuel Macron en remettant en avant l’une des figures du quinquennat précédent. Une nomination dans la lignée de ce faux remaniement mais véritable ajustement. En nommant un gouvernement recyclé, Macron a démontré qu’il se laissait du temps pour dompter l’Assemblée nationale. Aveu d’échec de constitution d’une forme de gouvernement de coalition ou volonté politique de laisser la situation se dégrader ? Avec Véran en porte-parole, on imagine le pire.

En tout cas, les réseaux sociaux ont salué à leur manière cette nomination : « Véran est le nouveau porte-mensonge du gouvernement » dénonce l’un. « La nomination de Véran confirme la stratégie du mensonge et de confusion permanente du gouvernement ! » affirme un autre. En tout cas, cela n’a pas ému le concerné puisque, lors de sa brève allocution qui le voit succéder à Olivia Grégoire, mise en difficulté par l’épisode tragique du Stade de France, il a affirmé qu’il sera « résolument ce relais d’une information fiable, accessible, au service de la démocratie ». On y croirait presque s’il n’avait pas raconté tout et son contraire pendant deux longues années !

Marc Eynaud

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Thaïs d’Escufon : POURQUOI JE NE CROIS PAS EN L’ASSIMILATION

Thaïs d’Escufon

05/07/2022 – FRANCE (NOVOpress)
La droite pense toujours l’identité en termes d’assimilation. Mais ce modèle est complètement dépassé et n’est même plus souhaitable.

Plutôt que de rechercher à ce que l’autre nous ressemble, pourquoi ne pas affirmer qui nous sommes, sans honte et sans haine ?

Voici donc 4 arguments contre l’assimilation à sortir en débat.


Covid, Ukraine, canicule… La nouvelle hystérie médiatique perpétuelle, par Clément Martin (Les Identitaires)

hystérie médias

Le premier quinquennat d’Emmanuel Macron aura marqué un tournant dans la vie quotidienne des Français, moins par les mesures prises par le président que par la mise en place d’une frénésie médiatique constante. Les périodes d’hystérie se multiplient, quel que soit le sujet employé. Au bout du compte, le débat public continue de s’abrutir alors que l’assise du gouvernement se solidifie.

Une pandémie, une guerre et une saison : un triptyque

Tout a commencé avec le Covid-19 : lors des premiers mois de la pandémie, l’incertitude a dominé le discours médiatique. D’où vient le virus ? Les chiffres de contamination donnés par les Chinois sont-ils fiables ? Quelle gravité de la maladie ? On peut d’ailleurs pardonner l’agitation chaotique des débuts, étant donné la faiblesse des informations disponibles. Mais, dès qu’il fut clairement établi que le Covid était plus proche de la grippe que de la Peste noire et que les personnes (très) âgées en constituaient les seules véritables victimes, le gouvernement, plutôt que de mettre en place une politique rationnelle et localisée, a choisi d’entretenir la panique générale.

Idem avec le conflit ukrainien : alors qu’il était évident dès le départ que Macron était un acteur de seconde zone dans le conflit, méprisé tant par les Russes que par les Ukrainiens, la communication du gouvernement a mis en scène une parodie de Guerre froide, dans laquelle Macron aurait été en première ligne pour protéger le monde libre. La monopolisation du temps médiatique disponible par les déclarations dérisoires et les bourdes du gouvernement (telles que les rodomontades de Bruno Le Maire) s’est soldée par la casse de la dynamique d’Éric Zemmour et la remise d’Emmanuel Macron au centre du jeu en tant que figure de président-candidat.

Même chose pour la canicule : c’est désormais le refrain estival indépassable au cours duquel les médias redécouvrent qu’il fait chaud en été et qu’il est bienvenu de boire de l’eau pour rester hydraté. Cela évite de parler de l’inflation galopante ou de la pléthore d’affaires qui accablent la « République exemplaire ». Décidément, la presse, sans qui ce travail d’analyse chirurgical resterait lettre morte, mérite amplement ses subventions généreuses.

Gérontocratie et infantilisation

Il existe bien un fil rouge qui permet de comprendre l’émergence de cette hystérie collective permanente, et qui laisse à penser qu’elle ne va pas se calmer lors du deuxième quinquennat entamé.

Renaissance (ex-La République En Marche), en tant que parti des boomers, des retraités et des CSP+ urbanisés, traduit leurs attentes mais a surtout pour but de répondre à leurs anxiétés. Celles-ci sont résumées dans la peur de voir l’ordre établi s’effondrer et laisser place à un nouveau modèle. Face aux contestations de la gauche islamo-wokiste et de la droite populiste et identitaire, le bloc centriste cherche à tout prix à conserver ses places et ses prébendes. Naturellement, ils sont les plus sensibles aux cycles d’hystérie médiatique qui tournent autour de ce qui pourrait menacer la stabilité de l’ordre macroniste : canicule géronticide, pandémie et retour du risque de la mort en Occident, guerre motivée par des visions politiques concurrentes et irréductibles.

Autrement dit, les ennemis de Macron sont ainsi autant « les extrêmes » que le soleil, la finitude de la condition humaine et la politique. Tout cela est finalement très cohérent avec la vision du monde promue par Jupiter et ses disciples : domestication de la population française, réduite à un troupeau passif de troglodytes industrieux confinés en milieu aseptisé, défense fanatique du modèle agonisant de la mondialisation droitdelhommiste et refus de la Grande Politique au profit de la gestion administrative et économique d’un pays réduit à une feuille Excel et à une suite d’indicateurs chiffrés.

L’horizon de la France dans les années à venir se dessine : l’alliance d’un gouvernement de bureaucrates égocentriques appuyé sur une base de retraités, et décidé à gérer le pays comme on gère une garderie, au gré des surexcitations informationnelles du moment. Une telle configuration ne saurait durer éternellement : l’impératif moral pour tous les Français attachés à leur identité, c’est de s’attacher à conserveur leur sanité intellectuelle et leur rationalité.

Clément Martin

Texte repris du site de : Les Identitaires

Michel Houellebecq devant l’Action Française : « La gauche se sent perdue, elle se sent mourir. Comme les animaux blessés elle devient méchante. Ce n’était pas le cas quand j’ai commencé à publier »

[Interview] Geert Wilders, (député PVV) : « L’immigration est une mauvaise chose pour les Pays-Bas. »

Parti pour la Liberté

Geert Wilders est député au Parlement néerlandais et dirigeant du PVV, le Parti pour la Liberté, qui est la troisième formation politique des Pays-Bas. Il vit sous protection policière depuis 18 ans déjà, sous la menace des islamistes. Lionel Baland l’a rencontré pour Breizh-info.

Breizh-info.com : Que pensez-vous des relations futures entre la Belgique et les Pays-Bas ? Votre parti politique, le PVV, est-il pour la réalisation d’un État regroupant les actuels Pays-Bas et la Flandre belge ?

Geert Wilders : Nous parlons le même langage, nous avons la même culture. Je n’exclus pas que cela puisse arriver un jour. Mais ce qui est le plus important à l’heure actuelle est que nous devons travailler à tenter de regagner notre souveraineté, que nos gouvernements ont volontairement abandonnée, au cours des dernières décennies, à l’Union Européenne. Actuellement, sur les points importants relatifs à la souveraineté nationale, que ce soit à propos de nos futurs droits, des finances, du budget, de la question importante de la politique d’immigration, nous n’avons plus la maîtrise de nos propres règles, de nos propres lois.

La Déclaration d’Anvers – signée par les partis politiques membres du parti européen Identité et Démocratie, parmi lesquels figure le Rassemblement National – porte sur ce sujet. De nombreuses personnes utilisent à mauvais escient le conflit entre l’Ukraine et la Russie afin de gagner plus d’influence et de pouvoirs pour l’Union Européenne, par exemple en tentant de construire une défense européenne ou d’autres choses.

Avant de commencer à discuter du fait qu’un jour les Pays-Bas et la Flandre puissent, peut-être, être réunifiés, nous devons être certains que nous ne sommes pas une province d’un super-État européen. C’est ce qui est de nos jours le plus important.

Différents partis patriotiques d’Europe occupent la deuxième ou troisième place dans leurs pays respectif et nous avons ensemble un potentiel pour peser sur les événements.

Breizh-info.com : Aux Pays-Bas, différents partis politiques patriotiques locaux – comme Leefbaar Rotterdam, qui est le premier parti au sein du Conseil municipal de Rotterdam – et nationaux – PVV, Forum voor Democratie, JA21 – sont représentés dans les différentes assemblées. Comment pouvez-vous gérer cela ?

Geert Wilders : Aux Pays-Bas, nous avons une série de dysfonctionnements qui créent un fossé entre les élites politiques et le peuple, et cela apparaît dans de nombreux domaines. Par exemple, en ce moment, le sort des fermiers est un sujet chaud : les politiciens du système tentent de détruire les agriculteurs en les « tuant » avec une législation folle. De plus, alors que le revenu des citoyens est atteint par le haut niveau d’inflation et que les habitants n’ont quasiment plus d’argent à cause du coût de l’énergie, des sommes importantes sont dépensées pour l’immigration ou d’autres mesures, plutôt que pour aider la population. Ce fossé a pour conséquence que des personnes ne disent plus « Je suis d’accord avec A ou B. », mais demandent si elles peuvent obtenir un soutien.

Aux Pays-Bas, nous avons 20 partis représentés au Parlement néerlandais. 20 partis ! Cela est la conséquence d’un gouvernement envers lequel les gens ne peuvent pas avoir confiance et qui a tout faux, dans tous les domaines !

L’année dernière, nous avons eu les élections législatives – en mars 2021 – et, depuis lors, les quatre partis de la coalition gouvernementale ont perdu ensemble dans les sondages 31 sièges de député, ce qui correspond presque à la moitié de ce qu’ils ont en réalité – la Chambre des députés des Pays-Bas compte 150 sièges.

Le système politique est touché par de l’agitation et l’instabilité et un clivage existe entre la population et les dirigeants. Le gouvernement actuel est de centre-gauche, les sociaux-libéraux sont au pouvoir, et développent une idéologie qui n’est pas dans l’esprit des gens. Ces derniers désirent avoir un emploi et une habitation, avoir des rues sûres, envoyer leurs enfants à l’école, payer leurs produits d’alimentation et leurs factures de gaz, … Et cela, ils ne l’ont plus.

Oui, nous avons de nombreux partis et je ne peux pas modifier cette situation. Je peux seulement combattre, en tant que dirigeant du principal parti d’opposition, le gouvernement afin de tenter de changer la donne.

Breizh-info.com : À propos de votre sécurité, êtes-vous toujours sous protection policière permanente ?

Geert Wilders : Oui, je suis sous une protection folle et je suis très heureux que celle-ci soit là. Elle est toujours présente, partout. Je vis dans une maison sécurisée du gouvernement depuis 18 ans. Je ne peux pas, encore actuellement, relever moi-même ma boîte-aux-lettres. Je ne peux rien faire sans la présence de la police. Cela constitue le prix à payer pour parler contre les élites politiques et être critique à l’égard de l’immigration, ou de l’islam, ou de Mahomet qui est un exemple pour tant de musulmans. Si vous osez parler, vous pouvez rencontrer de nombreux problèmes. Cela rend peu attractif le fait de résister et d’exprimer sa pensée, surtout quand il s’agit de parler du côté négatif de l’immigration et de l’islamisation. Nous n’avons pas de problèmes avec les musulmans, mais avec l’idéologie totalitaire islamiste qui est très dangereuse. Une seule solution existe : nous devons continuer à parler de ce sujet et ne jamais nous arrêter.

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Même les lieux profanes ne sont plus sacrés… Qui avilit l’Assemblée nationale?, par Philippe Bilger

assemblée nationale

Temple de la démocratie, notre institution parlementaire se voit aujourd’hui discréditée. Les députés Nupes, de par les tenues qu’ils arborent et les gestes de défiance qu’ils lancent, incarnent ce délitement…

Pour les lieux sacrés, il y a longtemps que j’ai perdu toute espérance. Les synagogues, les églises, les cimetières juifs, musulmans et chrétiens ne sont plus à l’abri de rien. Vols, dégradations, saccages et profanations se multiplient à l’envi au point que des caméras vidéo sont installées pour surveiller et protéger certains édifices religieux. Il s’agit, pour moi, de la marque d’une fin de civilisation, d’une société déréglée.

Le RN met l’Assemblée nationale à l’honneur

Puisque cette cause est perdue, on aurait pu au moins s’attendre à la sanctuarisation des hauts lieux de notre démocratie, d’abord l’Assemblée nationale. J’admets, en considérant ce qui vient de s’y dérouler ces derniers jours, que ma naïveté est sans borne. En imaginant que la vulgarité, la grossièreté, le sectarisme et le manque de savoir-vivre auraient forcément des limites et qu’ils ne gangrèneraient pas le Palais Bourbon, je me suis tristement trompé.

Par quelle perversion en est-on venu à souhaiter que l’Assemblée nationale ressemble à l’école d’aujourd’hui ? Qu’elle ne soit plus protégée des influences délétères extérieures mais qu’elle accueille au contraire en son sein le pire des conflits politiques et sociaux ? leur expression outrancière et vindicative, la haine comme argument et le refus de la politesse comme engagement ?

Convient-il vraiment de se moquer des députés du RN qui, inspirés par Marine Le Pen, tiennent à présenter d’eux-mêmes une apparence qui non seulement leur fasse honneur mais surtout à la République dont ils seront durant quelques années les représentants, aussi légitimes que ceux des groupes antagonistes ? Faut-il traiter avec condescendance cette volonté d’avoir une tenue qui, dans la forme, ne conduirait pas à la banalisation de l’Assemblée nationale mais, au fil des jours, si elle était généralisée, changerait peu à peu l’opinion du pays sur cet aréopage de 577 personnalités observées, scrutées, admirées ou vouées aux gémonies, c’est selon?

L’antirépublicanisme banalisé

Était-il nécessaire que Danièle Obono et Louis Boyard, ne prenant pas conscience du caractère emblématique de cet univers et des devoirs qui auraient dû en résulter pour eux, au nom d’un sectarisme maintenu avec arrogance et contentement de soi, ne serrassent pas la main de Julien Odoul ou de Philippe Ballard ? avec des justifications absolument pas convaincantes de la part du second malappris que son jeune âge n’excuse pas ? Quant à la première, elle ne saurait invoquer, pour se justifier, d’avoir été la victime d’attaques injustes et scandaleuses alors qu’elle-même n’était pas non plus dans la douceur et la mesure.

Le combat politique, même le plus rude, n’exclut pas cette urbanité minimale qui n’est pas hypocrisie mais perception d’une solidarité basique à partir de retrouvailles dans un monde qui, n’éradiquant pas les conflits et les antagonismes, leur donne un tour que la délibération collective devrait au moins pacifier dans l’expression. L’autre, pour être un adversaire politique, n’est pas forcément un humain à mépriser.

Cette dégradation de l’Assemblée nationale, paradoxalement, va noyer les authentiques contradictions sur le fond, les problématiques et les solutions profondément antagonistes, dans une sorte de fureur superficielle plaçant au premier plan les disputes spectaculaires de façade au détriment de ce qu’une courtoisie républicaine apporterait à des échanges vigoureux et extrêmes sur le destin de la France, sa survie, sa sécurité et son rôle international.

Je ne serai jamais de ceux qui prendront acte d’une faillite en l’estimant inéluctable. Si on continue cette offensive contre l’esprit de l’Assemblée nationale, avec une nouvelle présidente dont on peut craindre qu’elle soit mal armée face à la configuration agitée qui s’annonce, on aggravera la défiance, voire la dérision politiques, le discrédit démocratique et le sentiment que rien ne sert à rien et que tout est fichu. Alors que cette esquisse de proportionnelle pouvait laisser espérer que les orages de la France trouveraient leur exutoire à l’Assemblée nationale, faudra-t-il craindre à rebours que cette dernière soit au contraire dévastée par les orages du pays ?

Que même les hauts lieux profanes ne soient plus sacrés est un mauvais sort pour notre nation.

Tribune reprise de Causeur

Covid : La présidente de l’Assemblée nationale confirme que le gouvernement ne prévoit pas remettre en place de Pass Vaccinal

Pouvoir d’achat : la grande arnaque ? – Par Jean-Yves Le Gallou

« Demain on rase gratis » : la vieille devise des politiciens de la IIIe et IVe République est redevenue d’actualité. Les deux derniers mois de la campagne présidentielle ont été consacrés au thème du pouvoir d’achat. Et l’une des premières lois du nouveau quinquennat va porter sur ce sujet.

Et l’argent, vous le trouvez où ?

On peut comprendre les préoccupations des Français dont les revenus du travail sont rongés par les prix de l’essence ou érodés par l’inflation. On sera moins indulgent pour les hommes politiques qui ont camouflé les réalités et pour les médias qui se sont méthodiquement gardés de poser la seule question sérieuse : et l’argent, vous le trouvez où ?

Avec une dette de 2900 milliards (115% du PIB) et un déficit annuel du commerce extérieur de 100 milliards, la question se pose effectivement : quand les Français produisent 100, ils dépensent 104. Qui peut croire que cela durera éternellement. ?

Oui, la question du pouvoir d’achat se pose mais encore faut-il s’interroger sur les déterminants de l’effondrement français.

Des charges croissantes pour les ménages provoquées par les politiques publiques

Regardons d’abord ce qui pèse sur les dépenses des ménages.

Il y a d’abord le prix de l’énergie : gaz, essence, électricité. Leur hausse ont des causes politiques : l’embargo sur le gaz russe d’un côté, les politiques de « transition énergétique » de l’autre, le sacrifice du nucléaire, le coût de l’éolien et du solaire, l’ouverture à la concurrence du marché européen de l’électricité. Vous voulez sanctionner les Russes et « sauver la planète » ? Bravo, vous êtes une belle âme, mais cessez de déplorer la hausse du prix à la pompe ou du coût du chauffage.

Il y a ensuite le prix des voitures – dont la possession reste indispensable pour tous ceux qui n’habitent pas en centre-ville – qui augmente fortement sous l’effet des règlementations, sécuritaires hier, climatiques aujourd’hui. Il faut bien payer les batteries fabriquées en Chine des voitures électriques…

Il y aussi le prix des logements : là aussi les règlementations (sécurité, énergie, accès handicapés) pèsent sur les coûts des constructions et des travaux.

Pour le logement, il y a une autre variable à prendre en compte, les conséquences mécaniques de l’immigration : des logements HLM aidés et des logements dont les prix baissent dans les quartiers de l’immigration qui s’étendent avec l’arrivée de 400 000 étrangers supplémentaires chaque année. Avec comme résultat la hausse des prix de l’immobilier dans les quartiers paisibles et où les enfants peuvent suivre « une scolarité plus sereine » comme dirait Pap Ndiaye.

Il y a aussi le coût de l’école qui n’est plus gratuite pour ceux qui veulent préserver leurs enfants de ses défaillances. Et qui se voient contraints de recourir aux écoles payantes, sous contrats (voire hors contrat), ou bien de choisir un logement cher pour s’adapter aux contraintes de la carte scolaire ou encore de payer des répétiteurs pour que les enfants apprennent à la maison ce que l’école enseigne de plus en plus mal.

N’oublions pas non les questions de sécurité : les salaires des 200 000 employés de la sécurité privée (près de 10 milliards, 85% d’hommes généralement issus de l’immigration) pèsent sur les charges d’exploitation des entreprises qui les répercutent sur leurs clients.

Les recettes du travail subissent la concurrence mondiale

Quant aux recettes du travail elles sont triplement pénalisées.

D’abord par le libre-échange mondial qui a mis en concurrence les salariés français avec les salariés du monde entier. D’où les délocalisations. D’où la désindustrialisation. D’où les poches de chômage. D’où les pressions à la baisse sur les salaires.

Ensuite par les « délocalisations à domicile », entendez l’immigration sans contrôle, régulière ou clandestine, tirant à la baisse les salaires de l’aide à la personne, de la restauration, du BTP, de la logistique. Et dire comme depuis un demi-siècle que les « immigrés font le travail que les Français ne veulent pas faire » mérite d’être doublement précisé :

– parmi ceux qui refuseraient les emplois, il y a bien des Français de souche mais aussi des étrangers et des français issus de l’immigration dont le taux de chômage est souvent trois fois supérieur au taux moyen ;
– en l’absence d’une main d’œuvre abondante et précaire venue d’ailleurs, les conditions de travail seraient améliorées et les salaires moins chiches : cela s’appelle la loi du marché…

Enfin le coût de l’État-providence augmente les charges des entreprises et diminue le salaire net versé aux travailleurs.

Or si on cumule salaire tiré à la baisse par la concurrence mondiale, poids des charges et des impôts pour financer la redistribution, coût des déplacements pour aller travailler, le revenu d’un travailleur pauvre n’est guère différent de celui d’un assisté. C’est évidemment un problème majeur.

Dommage que ces questions aient été littéralement évacués des débats électoraux.
Est-il possible qu’ils reviennent à l’Assemblée nationale à travers les groupes d’opposition, non pas la NUPES, ces pompiers incendiaires, mais LR ou le RN ?

Tribune reprise de Polémia

Passé-Présent : Les derniers païens – Avec Philippe Conrad et le professeur Sylvain Gouguenheim

Conrad Sylvain Gouguenheim

04/07/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Philippe Conrad reçoit le professeur Sylvain Gouguenheim, médiéviste reconnu, à propos des derniers païens, c’est à-dire des Baltes christianisés par les Teutoniques à partir du XIIIème siècle. Peuple issu du sud de l’Ukraine, les Baltes furent soumis par la force au cours de l’entreprise de christianisation de l’ordre teutonique, hormis les Lituaniens qui résistèrent victorieusement en conservant par là même leur permanence païenne.

L’auteur ouvre sa réflexion sur les mythes qui entourent les habitants et les lieux de cet espace “barbare” et montre comment le paganisme survécut dans la culture populaire.
Sylvain Gouguenheim : « Les derniers païens – Les Baltes face aux chrétiens XIIIème – XVIIIème siècle » (Ed. Passés composés)